Après un troisième tome survolté, c’est un Harry Dresden totalement déprimé que nous retrouvons. Dans un état pitoyable, il ne sort plus et ne voit plus personne. Un terrible sentiment de culpabilité le tenaille depuis l’épisode vampirique de l’année précédente, après lequel sa petite amie Susan s’est enfuie. Mais même si le mal qu’il a causé à ses proches malgré lui le ronge, Chicago a plus que besoin de son magicien en ces jours sombres : le Haut Conseil s’est réuni en ville pour prendre des décisions concernant la guerre imminente entre la Cour Rouge des vampires et la Blanche Confrérie. L’heure est grave, et comme d’habitude, notre Harry est dans de sales draps.
Son quotidien est une fois de plus truffé de complications. Pour commencer, Mab la reine de la Cour d’Hiver des sidhes a hérité du lien qui unissait Harry à sa terrifiante marraine Léa et lui propose un marché auquel il est clair qu’il ne peut se soustraire. Ensuite, ce marché rejoint les arrangements que le Conseil Blanc daigne lui offrir pour sauver sa peau… Une sorte d’ultimatum avant de le trucider en l’envoyant aux vampires sur un plateau. Et enfin, le passé refait cette fois clairement surface via une personne qui manie l’art de la trahison avec élégance.
Les rebondissements sont toujours au rendez-vous et l’intrigue est pleine de petites complexités, basées sur des éléments évoqués ou même carrément rencontrés, qui reviennent bien plus tard pour quelques surprises, toujours aussi réussies.
Oh, en parlant de surprise, c’en est toujours une de constater qu’un traducteur ne sache pas faire la différence entre le futur simple et le conditionnel…
Si l’on retrouve avec plaisir des personnages déjà croisés auparavant (Billy le loup-garou, Tut le fey, etc.), on a aussi droit à quelques références aux événements précédents qui font sourire. C’est l’occasion pour le lecteur d’en apprendre plus encore sur le monde des faeries, son fonctionnement, ses habitudes, ses créatures, etc. La menace est finalement tout autre que celle imaginée au départ puisque les Cours féériques sont à l’honneur. Et même si ce quatrième tome est moins haletant que le précédent, Harry ne se ménage pas et nous offre tout de même une bonne dose de tension, de rire, de suspense et… de bagarres.
La surprise est un peu le maître-mot de ce tome puisque c’est avec un certain étonnement que l’on retrouve une Murphy plus sympathique, limite attachante, ou en tout cas moins énervante (…), qui traite enfin Harry à sa juste valeur au lieu de lui en vouloir pour des conneries pondues dans ses accès de paranoïa. La marraine de Harry, la sidhe démoniaque qui terrorisait le lecteur dans les tomes précédents, provoque elle aussi quelques instants de trouble par ses agissements presque… bienveillants ( ?). Bien sûr, on n’est pas dupe ! Mais les questions se multiplient…
Malgré toutes ses mésaventures, notre mage n’a toujours pas perdu son irrésistible sens de l’humour. Mais ça ne nous empêche pas de commencer à sérieusement nous en faire pour lui quand la situation se révèle petit à petit complètement ingérable, casse-gueule et totalement critique. Car ce quatrième tome nous donne enfin l’occasion de mesurer toute l’ampleur de l’univers créé par Jim Butcher, même s’il nous reste – et c’est tant mieux ! - une foule de choses à découvrir. Le cinquième tome promet encore son lot d’animations en tous genres…
Quelques extraits
— Tu as pris une balle ?
— Non, pourquoi ?
— Tu boites.
Murphy grimaça.
— Ouais. L’un de ces fumiers a renversé des billes sur le sol. J’ai glissé dessus et je me suis éclaté le genou.
— Oh ! répondis-je. Euh…
Karrin me fixa.
— C’est toi qui as fait ça ?
— Ben, ç’avait l’air d’une bonne idée sur le moment.
— Harry, ce n’est pas une bonne idée, c’est un gag de Tom et Jerry. [P. 285]
S’il y a bien une chose que le XXIe siècle refuse d’admettre, c’est qu’il ne connaît pas tout. [P. 301]
— On raconte beaucoup de choses à votre sujet, monsieur Dresden.
— Des foutaises.
Elle sourit.
— Il n’y a pas que des choses agréables.
— Dans quelles proportions ? En majorité ou en minorité ?
— Ca dépend à qui on parle. Les sidhes vous prennent pour un toutou intéressant à la solde de Mab. Les pseudo-vampires pensent que vous êtes un justicier psychopathe avec un penchant pour la vengeance et la destruction. Une sorte d’inquisiteur espagnol. La plupart des êtres magiques vous trouvent distant, dangereux, mais intelligent et honorable. Les criminels sont persuadés que vous êtes un tueur en cheville avec Marcone ou l’une des familles de la côte est. Pour le commun du public, vous êtes un charlatan qui essaie d’arnaquer les gens en leur volant un argent durement gagné, à part Larry King, qui veut sûrement que vous reveniez dans son émission.
Je la regardai, le front plissé.
— Et toi, qu’est-ce que tu en penses ?
— Je pense qu’il faut vous couper les cheveux. [P. 305]
Ce roman a fait l’objet d’une lecture commune avec Frankie, Heclea, Lexounet, Taliesin, Yumiko & Zatoun.
4/7
BUTCHER, Jim. Les dossiers Dresden, tome 4 : Fée d’hiver. Paris : Milady, impr. 2010. 475 p. ISBN 978-2-8112-0342-9
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Tome 2 : Lune fauve
Tome 3 : Tombeau ouvert
Tome 4 : Fée d’hiver
Tome 5 : Suaire froid







