Nowhere Boy, c’est un biopic sur l’adolescence de John Lennon, ses débuts en musique, son entourage familial et amical particulier. Mais Nowhere Boy, c’est aussi et surtout un film bouleversant qui a ému aux larmes l’inculte que je suis. Parce que niveau musique des sixties, je suis vraiment très loin d’être calée.
Nowhere Boy raconte l’air de rien le pré-Beatles dans l’ambiance très prenante des années 50’ en Angleterre. Sous les traits d’un Aaron Johnson épatant, on découvre John Lennon en proie à des souvenirs flous dans une vie familiale mystérieuse et chaotique. Depuis son enfance, John Lennon vit chez sa tante Mimi et son oncle George. Lorsque celui-ci meurt, il perd avec lui la légèreté de l’insouciance qu’il avait trouvé dans cette relation presque paternelle. Cet événement va déclencher ses retrouvailles avec sa mère, Julia, et leurs rencontres incessantes vont devenir une espèce de drogue, un moteur, une fenêtre ouverte sur ce qui ressemble au bonheur.
Je ne connaissais pas Anne-Marie Duff (Julia) et je dois dire qu’elle est fabuleuse ! Avec Aaron Johnson, ils forment à merveille ce couple mère-fils dont la relation est au départ très ambigüe. Cette mère irresponsable qui trouve en son fils un réconfort inespéré et qui se comporte avec lui comme une sœur ou même une amie, et ce fils perdu dans ce trop-plein d’amour qui lui fait autant de bien que de mal… Et entre eux, cette passion pour la musique qu’elle lui lègue, toutes ces questions silencieuses, le voile du passé sur les regards. Magnifique. Le triangle tante-mère-fils est lui aussi forgé de relations très spéciales où des sentiments plus contradictoires les uns que les autres se bousculent. Il y a un potentiel émotionnel tellement puissant entre ces trois personnes que toutes les sensations envoyées au spectateur sont décuplées. La prestation de Kristin Scott Thomas dans le rôle de tante Mimi, merveilleusement juste comme à son habitude, y est évidemment pour quelque chose. Reconnaissance, jalousie, tendresse, gratitude, incompréhensions, amour, douleur, orgueil, joie… Des sentiments qui montent crescendo jusqu’à une mise au point très forte émotionnellement (et j’ai sangloté pendant les dernières trente minutes après ça…) et qui laisse apparaître une fin des plus intenses entre bonheur absolu et profonde douleur.
La solidarité que l’on ressent entre John et tous ses amis, soudés par la musique et les événements qu’ils vivent ensemble, est frappante de sincérité et j’ai adoré retrouver ce p’tit Thomas Sangster dans le rôle de Paul McCartney, qui me faisait déjà fondre dans Nanny McPhee et Love Actually, et qui a bien grandi, même s’il est toujours minuscule face aux autres dans Nowhere boy !
Et Aaron, oh Aaron… Que dire ? Avec sa gueule d’ange, son jeu époustouflant, ses mimiques de timide provocateur et son charme si particulier… Il donne à son personnage un incroyable équilibre entre son côté fêtard insolent et son côté enfant triste mais joueur, qui se cherche. Et même si je n’étais pas parfaitement subjective à son sujet, le film et l’acteur m’auraient ébranlée. Parce qu’il y a des scènes ou plutôt des réactions qui se rapprochent atrocement des miennes vis-à-vis d’événements lointains et d’autres pas si lointains. Cette scène au cimetière où il vient juste pour dire à sa tante que c’est vraiment stupide de détester quelqu’un qu’on aime (« je veux dire… quelqu’un qu’on aime… vraiment. »)… C’est juste bouleversant.
C’est l’un de ces films dont le non-dit est le cœur. Un film où le jeu des acteurs se substitue aux dialogues, pour n’en garder que le meilleur, les silences sont essentiels et parfaits, traduits par des regards qui parlent seuls, qui pensent tout haut.
Servi par une BO et des acteurs magnifiques, c’est un film que j’ai pris en plein cœur. J’y ai tout aimé et j’en reste bouleversée.
En boucle depuis quelques jours :
TAYLOR-WOOD, Sam. Nowhere Boy, 2009. 98 min. Avec Aaron Johnson, Anne-Marie Duff, Kristin Scott Thomas, Thomas Sangster…









