Archive pour la catégorie ‘A ne pas lire’

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L’Alchimiste ~ Paulo Coelho

13 décembre 2010

J’ai lu ce roman dans le cadre du Défi du Livre qui dort de Florel, avant la date limite du 31 décembre 2010 (oui, vous pouvez applaudir) et je tiens à signaler que plus JAMAIS on ne me reprendra à faire ce genre de défis foireux ! =D

L’Alchimiste m’a été offert entre 2000 et 2004 et il faut bien avouer que si Avalon ne m’avait pas mise au défi de le lire avant la fin de l’année, il aurait certainement continué à roupiller bien longtemps sur son étagère… Alors quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’en commençant ma lecture, je me rends compte que Paulo Coelho cite… Oscar Wilde ! Mon cher Oscar ! Bon, le temps de lui offrir un thé, il était déjà reparti… Mais ce fut assez pour attiser ma curiosité et m’inciter à continuer ma lecture, tout sourire. Sourire, qui comme Oscar, a pris la poudre d’escampette bien trop rapidement.

Ce roman est la quête initiatique de Santiago, jeune berger espagnol qui va partir pour l’Afrique parce qu’après avoir fait deux fois le même rêve, une gitane lui a affirmé qu’il trouverait un trésor au pied des pyramides d’Egypte. Jusque-là, tout va bien, il pourrait s’agir d’un joli conte ou d’une fable pour enfants. Ça commence sérieusement à coincer quand le conte se dit philosophique. Ce roman traite infiniment plus de religion que de philosophie. Et c’est bien dommage car les réflexions sont bel et bien présentes. Au fur et à mesure de ses rencontres, Santiago se rend compte qu’il est sur le chemin de sa Légende Personnelle. Il est question d’Ame de l’Univers, d’Ame du Monde, de Langage du Monde, de mission sur Terre, blablabla. Autre bémol : le style. Un style plat qui ne m’a pas emportée. Le ton employé induit quelque chose de beaucoup trop moralisateur, limite bidon.  

Cette histoire de Légende Personnelle à accomplir pour être heureux m’a laissée perplexe. Bien sûr, l’auteur fait directement allusion aux rêves que chacun voudrait voir se réaliser, à la capacité que l’on a de les faire devenir réalité, même si l’on n’en a pas toujours conscience. Mais cette façon d’évoquer Dieu sans arrêt m’a obligée à garder mes distances, avant de me murer complètement en dehors de l’histoire, trop agacée par ces croyances ridicules. Et pourtant, sans ces cultes religieux (cathos, islamiques et même les autres si vous voulez…) qui bouffent toute l’histoire, on aurait certainement pu retirer de belles choses. Parce qu’au final il est question de langages universels, de décisions à prendre, de découverte du monde, des autres et de soi, du présent que l’on doit embellir pour que l’avenir en soit meilleur… Y’a de l’idée, oui ! Sauf qu’à côté de ça, Paulo Coelho passe quand même 220 pages à rabâcher que tout est écrit par une Main unique, qu’il faut croire en Dieu pour être heureux et que ce même Dieu apprend aux hommes à aimer les femmes. (Ah bon ? en 1988, c’était pas encore les petits enfants ?) C’est juste consternant. Voire même affligeant.

Et, cerise sur le gâteau, Wikipédia raconte (oui, je sais, Wikipédia, c’est le Maaaal ! (C’est peut-être pour ça qu’on s’entend si bien.)) que les admirateurs de L’Alchimiste le comparent souvent au Petit Prince. Mais où va le monde, merde ?!

Bon, d’accord, le roman peut représenter la quête du bonheur au sens le plus général. Mais la métaphore m’a laissée de marbre. Pire, je l’ai trouvée pathétique. Comment trouver le bonheur en restant la proie de sa foi aveugle en un esprit soi-disant supérieur ? Comment trouver le vrai bonheur sans la vraie liberté ?

Ce livre se veut philosophique ? Je n’en sais foutre rien mais c’est ce qui se dit. Or, ce roman n’est que traditions, signes de Dieu et morale-lavage-de-cerveau. J’attends tout autre chose d’un bouquin censé faire réfléchir.

 

Quelques extraits

« Tu es venu m’interroger sur les songes, dit alors la vieille. Et les songes sont le langage de Dieu. Quand Dieu parle le langage du monde, je peux en faire l’interprétation. Mais s’il parle le langage de ton âme, alors il n’y a que toi qui puisses comprendre. » [P. 24]

 

« Tout ce que nous craignons, c’est de perdre ce que nous possédons, qu’il s’agisse de notre vie ou de nos cultures. Mais cette crainte cesse lorsque nous comprenons que notre histoire et l’histoire du monde ont été écrites par la même Main. » [P. 105]

 

Lorsqu’il s’éveilla, son cœur commença à lui raconter les choses de l’Ame du Monde. Il dit que tout homme heureux était un homme qui portait Dieu en lui. Et que le bonheur pouvait être trouvé dans un simple grain de sable du désert, comme l’avait dit l’Alchimiste. Parce qu’un grain de sable est un instant de la Création, et que l’Univers a mis des millions et des millions d’années à le créer. [P. 176-177]

COELHO, Paulo. L’Alchimiste. Paris : J’ai Lu, 2000. (Roman ; 4120). 220 p. ISBN 2-290-14120-8

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Où j’ai laissé mon âme ~ Jérôme Ferrari (Prix Passa Porta, lecture n°1)

2 décembre 2010

Parmi les quatre romans sélectionnés pour le prix Passa-Porta, j’ai attaqué celui-ci en premier. Parce que c’est le roman qui m’inspire le moins, son sujet ne m’attire pas : la guerre d’Algérie… La guerre tout court. Je suis au regret de vous dire qu’il y avait longtemps que je n’avais plus eu envie de distribuer des baffes aussi puissantes à la lecture d’un roman.

Après avoir traîné deux semaines sur les trente premières pages, j’ai fini par me gaver du reste en une soirée : il fallait que j’en finisse. Je ne peux pas dire exactement la part que mes a priori ont pris dans les non-sensations et l’agacement éprouvés lors de ma lecture. Je suis restée en dehors de ce roman. Et à la toute fin, lorsque j’y suis rentrée, ce ne fut qu’à cause d’une profonde exaspération. On ne peut pas dire que le style soit fade, que l’histoire soit molle, mais le ton las (nostalgique ?) m’a rapidement lassée. Et plus que lassant, ce roman est agaçant.

D’une part, Horace Andreani parle à son capitaine et « ami » : André Degorce. D’autre part, on est en Algérie en 57, c’est la guerre.

D’abord Andreani. Le ton pleurnichard d’Andreani. Qui s’adresse à Degorce un chapitre sur deux en lui radotant son amour soumis et éternel. Pouah ! Et sur des pages et des pages, il n’en finit pas de geindre sans jamais reprendre son souffle. Tous ces passages sont des rumeurs monotones, je pouvais presque entendre une voix lancinante bourdonner dans ma tête.

Ensuite Degorce. Qui se prend subitement de compassion, d’amitié ou de je ne sais quoi pour Tahar, un terroriste qu’il vient de faire arrêter. Degorce qui incarne la victime devenue bourreau, comme si c’était inévitable. A plusieurs reprises, pourtant, on trouve un soupçon de raison :

— C’est une connerie, je sais, mon capitaine, répète Moreau. Mais tout le monde fait des conneries. Nous sommes des hommes.

Le capitaine Degorce ne répond pas.

(Nous sommes des hommes. C’est la faute, non l’excuse. La faute.) [P. 75]

Mais cette phrase elle-même est l’excuse.

 

Et quand vient la fin, ce n’est même pas du soulagement, c’est de l’énervement qui surgit. Le pauvre petit Degorce  a laissé son âme on ne sait où et s’en rend compte après avoir massacré, torturé, tué des hommes, à le lire on croirait que la victime, c’est lui. Victime d’être bourreau, ahahah ! Les dernières pages ne sont qu’un ramassis d’idioties fatalistes. « Je suis un homme et la nature de l’homme est d’être con, méchant et cruel. » J’ai détesté ce livre parce qu’il ne laisse la chance à rien d’autre que la violence, le pouvoir et la cruauté qu’on nous balance à la figure. Il n’y a de place que pour le mal que les personnages se font.

Bien sûr, pour le lecteur, il y a des possibilités de réflexions. L’auteur nous pousse évidemment à nous poser des questions, à réfléchir… Nous sommes tous des victimes, mais nous sommes aussi et surtout tous des bourreaux. Comment passe-t-on de l’un à l’autre ? Comment la souffrance dont on est victime peut-elle engendrer autant de mal quand on n’a pourtant besoin que de la chaleur des êtres aimés ? Pourquoi s’éloigne-t-on alors de ceux-ci ? L’auteur nous parle également du pouvoir, sous toutes ses formes :

Tahar est toujours en chaussettes. Ses chaussures sont posées dans un coin, des mocassins de cuir tressés. Le capitaine Degorce leur jette un bref regard satisfait avant de s’assombrir en y reconnaissant le symbole tangible et dérisoire de son pouvoir. Il a le pouvoir de faire apparaître ou disparaître une paire de chaussures, de décider qui doit rester nu et combien de temps, il peut ordonner que le jour et la nuit ne franchissent pas les portes des cellules, il est le maître de l’eau et du feu, le maître des supplices, il dirige une machine, énorme et compliquée, pleine de tuyaux, de fils électriques, de bourdonnements et de chair, presque vivante, il lui fournit inlassablement le carburant organique que réclame son insatiable voracité, il la fait fonctionner mais c’est elle qui régit son existence et, contre elle, il ne peut rien. Il a toujours méprisé le pouvoir, l’incommensurable impuissance que son exercice dissimule, et jamais il ne s’est senti aussi impuissant.

 

Mais ces quelques passages efficaces ne réussiront pas à faire de ce roman un texte inoubliable et marquant.

Et pourtant, je suis certaine que la plume de Jérôme Ferrari dans un tout autre contexte pourrait être merveilleuse… Dommage.

FERRARI, Jérôme. Où j’ai laissé mon âme. Arles : Actes Sud, impr. 2010. 153 p. ISBN 978-2-7427-9320-4

 

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Vous pourrez bientôt retrouver mon avis sur les trois autres romans de la sélection du prix :

- Rumba d’Alberto Ongaro ;

- Dans la nuit brune d’Agnès Desarthe ;

- Naissance d’un pont de Maylis de Kerangal.

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Les secrets de Londres ~ Lee Jackson

9 mai 2010

Quatrième de couverture

Quels douloureux remords peuvent bien pousser une jeune femme à sauter du pont de Blackfriars pour espérer trouver, dans ces eaux froides, un semblant de pardon ? Sauvée in extremis, Nathalie Meadows, principale suspecte dans l’affaire du meurtre de la célèbre chanteuse de music-hall Ellen Warwick, se voit pourtant offrir une seconde chance. Forte d’une nouvelle identité, elle décide de tout mettre en œuvre pour découvrir le véritable assassin de son amie. Commence alors un dangereux voyage à travers les rues sombres et poussiéreuses du Londres victorien. Des bordels de Whitechapel en passant par les maisons bourgeoises de Manchester Square et les échoppes mal famées de Seven Dials, la ville n’a pas fini de révéler ses secrets…

 

Divagation personnelle

Attirée par l’accroche « Polar victorien » de la couverture, je me suis jetée sur ce roman qui était fait pour me plaire. Mais de polar il n’y avait malheureusement presque pas trace. Pourtant je ne peux pas dire que je me suis ennuyée : allez savoir pourquoi, le rythme, loin d’être très rapide, m’intriguait ! Derrière cette publicité un chouia mensongère, on se balade tout de même dans Londres durant toute l’histoire. Les chapitres sont d’ailleurs titrés de noms de rues. J’ai cependant été déçue par le style… Bâclé ? Un style en tout cas trop plat à mon goût (le seul moment où le style s’envole un peu réside dans mon premier extrait, plus bas), qui n’offre pas beaucoup d’occasions de s’évader vraiment.

Les personnages quant à eux n’offrent pas grand-chose à se mettre sous la dent niveau caractère. On devine bien sûr que celui-là n’est pas net, que celui-ci est un fameux salaud, que l’autre là ne ferait pas de mal à une mouche, que ce n’est qu’un pauvre gars, etc. Mais ils n’ont pas vraiment leurs propres traits de caractère, de sorte qu’on n’est dans l’incapacité de s’attacher à l’un d’eux, pas même au personnage principal, Nathalie Meadows. Cette dernière nous balade sur les traces de son amie, la chanteuse Ellen Warwick, sauvagement assassinée. Le problème, c’est qu’elle semble désespérément seule et qu’elle n’est franchement pas très adroite pour mener l’enquête. Heureusement pour elle, elle garde quand même l’attrait de la deuxième chance : ayant raté son suicide, toute la ville la croit morte. Si sa nouvelle et fausse identité n’est pas vraiment exploitée de la meilleure des façons par l’auteur – la psychologie du personnage aurait peut-être dû en prendre un coup – elle a quand même le mérite de nous balader à couvert et de « voir sans être vu ».

Le roman n’est pas déplaisant à proprement parler, mais la fin laisse fortement à désirer : on a droit à une fin ouverte qui n’a pas lieu d’être et qui tombe tout à fait par hasard… Sans compter la question rhétorique mais toujours présente : « Mais que font les flics ? ».

Et enfin, pour enfoncer le clou, j’ai trouvé le titre de la traduction*… Comment dire ? Prétentieux. Les secrets de Londres ? Pour un petit bouquin “de rien du tout” ? Mouais.

 

Quelques extraits

 L’inspecteur Burton et le sergent Johnson remontent Monmouth Street en flânant. Nul ne les regarde dans les yeux. Ni les fripiers, ni les cordonniers qui enfoncent à grands coups de marteau des clous dans des souliers à demi terminés, ni les enfants crasseux qui jouent dans le caniveau. Burton et Johnson sont néanmoins loin de passer inaperçus – on prononce entre voisins le mot « police », on le murmure à l’intérieur des habitations, il glisse des toits et se répand dans la rue si bien que même les pierres tombales du cimetière de St. Giles en deviennent nerveuses. [P. 220]

 

— Personne dans les parages, murmure Shaw. Alors ? C’est où ?

— Là-haut, répond le garçon en montrant du doigt la forme sombre de la corniche en stuc richement décorée qui orne l’angle de la bâtisse.

— Ça supportera pas ton poids.

— Moi, je pense que si.

— Et moi, je pense que ta mère m’étripera si tu te tues.

— Je serai mort, alors je m’en ficherai. Fais-moi la courte échelle. [P. 244]

 

* Pour info, le titre en VO est London dust.

JACKSON, Lee. Les secrets de Londres. Paris : 10-18, 2008. 283 p. (Grands détectives ; 4152). ISBN 978-2-264-04233-0

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Lire et en parler

15 décembre 2009

Lire lire lire… Aimer ce qu’on lit et avoir envie de partager. Avec vous, avec toi, avec n’importe qui. Sans savoir si ça leur parviendra. Sans s’en soucier. Juste mettre des mots côte à côte et souffler dessus. Les laisser s’envoler. Et sourire.

 

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