Archive pour octobre 2010

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Un roman français ~ Frédéric Beigbeder

24 octobre 2010

C’est un ami qui, depuis que je le connais, me parle de temps en temps de Beigbeder. A chaque fois, il me dit que ce type est un bourge imbuvable mais qu’il le sait et ne prétend pas le contraire – voilà qui est original ! – et que ça n’empêche en rien ses bouquins d’être d’une qualité rare. Qualité de l’écriture, capacité à faire réfléchir.

Beigbeder nous offre deux plans : il part des nuits qu’il a passées en garde à vue pour avoir consommé de la cocaïne sur la voie publique en janvier 2008 pour plonger directement dans son enfance « oubliée ». Le lecteur entre donc dans deux périodes de sa vie en alternance, ce qui a pour effet la sensation d’une lecture intime. Beigbeder ne raconte pas simplement sa vie : il s’en souvient avec nous.

En l’ouvrant, je ne savais pas encore à quel point ce roman était fait pour moi, à quel point la vue était merveilleuse du haut de ces mots-là, à quel point ils allaient me faire du bien. Il y a tout d’abord cet éternel enfant qui ne se souvient pas de son enfance. Et puis il y a cet adulte emprisonné qui retrouve la mémoire et ce père ému de redécouvrir l’enfance avec sa fille. Et tant de choses mêlées à tant de souvenirs… Beigbeder sait dire les choses comme il les sent avec les mots qui claquent dans le vent juste comme il faut. Juste dans le ton. Un ton qui change à chaque page, qui fleurit, qui fane, frissonne, qui tonne, qui cingle. J’ai souvent souri devant la réalité des scènes et cette façon de nous donner les faits sous un jour ironique et tendre.

Beigbeder est l’un de ces auteurs dont on peut faire de chaque phrase un roman. A l’instar de Bobin, mais dans une autre ambiance, ses romans (parce que je suis persuadée que les autres valent le coup autant que celui-ci), on pourrait les noter tout entiers dans un petit cahier destiné aux citations que l’on préfère. Il fait passer son lecteur par une ribambelle de sensations, d’émotions, à coup de phrases clés. C’est un croisement entre mots d’esprit et mots d’amour. Et la sincérité flambe au cœur de ce roman tout en poésie. Le but étant de se souvenir, il n’a aucune raison de mentir, de tricher.

Sous des petits chapitres aux titres qui font sourire (« Le râteau originel » ou « Chapitre claustrophobe »), Beigbeder se rappelle les filles qu’il a aimées, sa lutte contre l’être parfait qu’a toujours été son frère, le mariage raté de ses parents… Et ses souvenirs d’enfance lui font inévitablement penser à sa vie d’adulte, où l’on plonge avec bonheur dans la tendresse qu’il a pour sa fille.

Raconter sa vie pour ne plus l’oublier… Une chose est sûre : moi je ne l’oublierai pas.

  

Quelques extraits

Une vie de famille est une suite de repas dépressifs où chacun répète les mêmes anecdotes humiliantes et automatismes hypocrites, où l’on prend pour un lien ce qui n’est que loterie de la naissance et rites de la vie en communauté. [P. 55]

 

En sortant de l’église, j’ai vu le soleil se dissoudre dans les branches d’un cyprès comme une pépite d’or dans la main d’un géant. [P. 61]

 

La seule chatouille qui fonctionne, c’est le coup de la « petite bête qui monte, qui monte ». Ma main commence sa route au nombril et gravit vers le cou sur le bout des doigts. Quand elle s’en approche, ma fillette essaie de se débattre, colle sa tête sur son ventre, se tortille dans tous les sens, mais pas trop brutalement car elle attend ce qu’elle redoute, elle veut la torture qu’elle ne veut pas, et la petite bête formée de mes deux doigts continue de grimper vers son long cou de cygne, et va bientôt arriver sous le menton… alors là, il est impossible de ne pas fondre, son rire en cascade est mon médicament, je devrais l’enregistrer pour me le diffuser en boucle les soirs de déprime. S’il fallait définir la joie de vivre, le bonheur d’exister, ce serait cet éclat de rire, une apothéose, ma récompense bénie, un baume descendu du ciel. [P. 154]

 

Je ne peux pas écrire ici tout le bien que je pense de Jicé. Jean-Claude Marin est procureur de Paris : il faut faire super gaffe quand on écrit sur lui, c’est peut-être une des raisons pour lesquelles personne ne parle jamais de Jean-Claude Marin. [P. 168]

 

Jusqu’à ce matin dans le lit de la rue de la Planche où elle m’a expliqué que j’étais désormais trop grand pour l’embrasser dans le cou, ma mère était la seule femme qui n’avait jamais refusé mes avances. Jamais je n’ai autant embrassé quiconque. Treize années de câlins ininterrompus : aucune des femmes qui lui ont succédé n’a jamais réussi à battre ce record. Aujourd’hui encore, je passe beaucoup de mon temps dans le cou long, doux et parfumé des femmes. C’est le lieu où je me sens le mieux sur terre, depuis toujours. [P. 213]

 

L’amour doit être passionnel, inconditionnel, fusionnel et jaloux, quitte à durer peu. [P. 218]

 

La chose la plus catholique chez moi, c’est ceci : je préfère que mes plaisirs soient interdits. [P. 236]

BEIGBEDER, Frédéric. Un roman français. Paris : Librairie Générale Française, 2010. (Le Livre de Poche ; 31879). 246 p. ISBN 978-2-253-13441-1

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Monster ~ Patrick Bauwen

17 octobre 2010

Quatrième de couverture

Mon nom est Paul Becker. Je suis médecin. Je vis dans une petite ville, en Floride. J’ai une femme, un fils, un boulot que j’aime. Une existence ordinaire. Jusqu’au jour où je découvre un téléphone portable. Un patient l’a perdu pendant une consultation. Un homme étrange. Dangereux. Soudain, ce téléphone sonne. Et ma vie bascule. Complots. Meurtres. Disparitions. Toutes mes certitudes vont s’effondrer. Pourquoi je vous raconte tout ça ? C’est très simple… Votre vie va basculer aussi.

 

Divagation personnelle

Revenu s’installer en Floride dans la petite ville de son enfance, Paul est un médecin qui en veut. Il a ouvert sa consultation il y a peu et son crédo, c’est de soigner les gens 24h/24. Une jolie femme, un fils adorable, un boulot envahissant mais qui lui plaît, Paul Becker mène une vie ordinaire, presque monotone.

Bien sûr, il n’aurait jamais dû décrocher ce téléphone. Mais qui pouvait savoir ? Qui pouvait prévoir qu’il allait se retrouver au cœur d’un piège, dans un puits de cruauté sans fond ?

Être soupçonné d’un crime que l’on n’a pas commis peut briser beaucoup de choses. Lorsque le soupçon provient de votre meilleur ami, de votre famille et que rien ne peut enrayer l’engrenage de la machine infernale qui vous engloutit… Comment garder la tête hors de l’eau ? Propulsé dans son passé mais aussi dans une affaire de réseau pédophile qui dépasse toutes les horreurs imaginées, Paul n’est plus que l’image de lui-même. Dans la douleur, traqué par un dingue comme par les autorités, il mène sa propre enquête tout en subtilité.

Avec un style efficace et une maîtrise parfaite du rebondissement, Patrick Bauwen mène son histoire d’une main de maître. Les retournements de situations s’enchaînent pour donner à ce roman un rythme dément. Les intrigues fracassent le suspense dans le cerveau du lecteur, qui tourne les pages à toute allure. Des personnages effrayants se balancent au bout de sa plume, prêts à faire « bouh » à chaque coin de page, des psychopathes et des pédophiles défilent dans l’horreur ambiante. Et puis il y a ces personnages que l’on croyait connaître, qui font qu’on aimerait se poser et réfléchir mais on n’en n’a pas le temps parce qu’un autre débarque et tout bascule encore une fois.

Monster, c’est l’angoisse et le suspense au corps à corps jusqu’à la dernière ligne, un thriller stupéfiant à lire sans plus attendre !

Je n’ai plus qu’une hâte, celle de lire les deux autres romans de cet auteur, qui m’a fascinée jusque dans la dernière phrase de ses remerciements…

 

Quelques extraits

— Bien entendu, a poursuivi Garner, j’ai libéré M. Smith. Aucune charge n’a été retenue contre lui.

Cameron n’était pas étonné outre mesure.

— Donc vous classez l’affaire ? a-t-il demandé.

— Oui.

— Alors qu’est-ce que je fais dans votre bureau ?

— Maître Barton Fuller, ici présent (le propriétaire des tarentules a hoché gravement la tête en entendant prononcer son nom), déclare que son client a subi des brutalités policières injustifiées.

— C’est un pléonasme, a répondu Cameron.

— Je vous demande pardon ?

— Par définition, la brutalité policière est injustifiée.

Le chef de la police municipale de Naples s’est penché par-dessus son bureau.

— Cole ?

— Chef ?

— Vous vous foutez de ma gueule ?

— Je n’oserais jamais. [P. 35]

 

Mon père était un homme secret et complexe, capable de vous flanquer une raclée, puis de vous emmener pêcher avec lui. On confectionnait des appâts à crabe, il récitait des poèmes de Richard Brautigan, puis il vous larguait comme une merde et disparaissait pendant des semaines.

Un connard lunatique de première. [P. 50]

 

Lorsque votre vie est réglée par des rituels monotones – se lever, aller au travail, récupérer votre enfant à l’école, les repas, le coucher –, vous ne réalisez pas forcément à quel point ces repères sont importants. Vous avez tendance à les considérer d’un œil morne, vaguement ennuyé, en songeant aux prochaines vacances – « Séjour au ski ou bien chez ta mère, chérie ? » – Ça dépend, chéri, combien il nous reste sur le compte ? » Pas une seconde vous n’imaginez que ces petits moments sont le rempart qui vous protège du chaos. [P. 379]

 

BAUWEN, Patrick. Monster. Paris : Librairie Générale Française, 2010. (Le Livre de Poche, Thriller ; 31918). 605 p. ISBN 978-2-253-12862-5

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Les dossiers Dresden, tome 1 : Avis de tempête ~ Jim Butcher

10 octobre 2010

Quatrième de couverture

Tous les bons magiciens s’appellent Harry, et Harry Dresden est le meilleur. Techniquement, c’est même le seul dans sa ” catégorie ” : lorsque la police de Chicago est sur une affaire qui la dépasse, c’est vers lui qu’elle se tourne. Car notre monde regorge de choses étranges et magiques… et la plupart ne s’entendent pas très bien avec les humains. La magie, ça vous flingue un gars en moins de deux !

Divagation personnelle

Harry Dresden est un personnage en marge, mais aussi terriblement humain. Doté d’un humour décapant et d’un second degré fabuleux, il mène ses aventures aux portes de la mort d’une main de maître. Il faut dire qu’on lui devine un passé assez spectaculaire d’où il tient son expérience. Son intelligence et ses talents de magiciens forcent l’admiration, le respect. Et même si la Blanche Confrérie – « mélange de la Ligue de justice et de l’Inquisition » côté magie – est à ses trousses, on sent chez lui une grande gentillesse, une volonté de rester du bon côté.

Les événements qui se succèdent à partir de la découverte des premiers massacres vont d’indices en rebondissements dans un rythme effréné. Et le sort s’acharne sur Harry à coup d’hologramme, de démon en forme de crapaud géant, de scorpions diaboliques de la taille d’une voiture… Tout lui retombe dessus, ce qui en fait un personnage encore plus attachant, avec sa narration très orale et familière à la première personne.

Dans cet univers à la fois cocasse et inquiétant, ce magicien nous emmène à la rencontre de personnages très charismatiques. Que ce soit Murphy, l’amie inspecteur qu’il aide sur les affaires bien trop magiques pour les humains terre à terre, ou Bob, cet esprit – mal tourné, il faut le dire ! – enfermé dans un crâne qui aide Harry à concocter des potions dans sa cave… Ou encore Mac, le barman taciturne d’un café sombre qui voue un culte au chiffre 13… Bref, on côtoie des amis, des connaissances et des ennemis ; des femmes pulpeuses et généreuses, des casseurs sans cervelles, des créatures immondes, des flics sur les nerfs,… Tout un tas de monde, qui, avec ce Chicago emplit de magie, donne une jolie identité au roman.

Un chouette moment de détente, un Harry magicien, de l’action et des meurtres ! Que demander de plus par ce temps d’Halloween ?

 

Quelques extraits

A l’instant où je raccrochai, le téléphone sonna, me faisant sursauter. Je l’examinai. Je me méfie de tout ce qui est électronique. Tout ce qui date d’après les années quarante me paraît louche – et semble me détester. [P. 11]

 

C’était pire qu’un meurtre : une perversion ignoble, comme si un dingue avait utilisé un Botticelli pour tabasser son voisin à mort. Comme si on avait transformé une chose merveilleuse en arme de destruction massive.

Il n’est pas facile d’expliquer la magie à quelqu’un qui ne l’a jamais ressentie. Elle tire sa source de la vie, de l’intelligence, de la conscience, des émotions du genre humain. [P. 26]

 

J’écoutai. Il est très simple d’écouter, mais plus personne ne s’y exerce. [P. 134]

 

— Bonjour, répondit une voix d’enfant.

— Bonjour, je voudrais parler à Monica, s’il vous plaît.

— Qui c’est ?

L’affaire devant rester discrète, j’improvisai un mensonge.

— Son cousin germain, Harry, du Vermont.

— D’accord, ne quittez pas, dit le gosse avant de hurler, sans lâcher le combiné : MAMAN, TON COUSIN HARRY DU VERMONT À L’APPAREIL !

Les enfants sont merveilleux.

Je les adore.

Avec un peu de sel et une tranche de citron, ils sont parfaits… [P. 192-193]

 

BUTCHER, Jim. Les dossiers Dresden, tome 1 : Avis de tempête. Paris : Milady, impr. 2010. 378 p. ISBN 978-2-8112-0269-9

 

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Tome 1 : Avis de tempête
Tome 2 : Lune fauve
Tome 3 : Tombeau ouvert
Tome 4 : Fée d’hiver
Tome 5 : Suaire froid
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Passé sous silence ~ Alice Ferney

2 octobre 2010

Quatrième de couverture

Passé sous silence est le récit, en forme de conte historique, d’un événement réel de la seconde moitié du XXe siècle. Les dates, lieux, noms de personnes ont été effacés, mais les choses dites l’ont été et les faits sont authentiques : dans un moment décisif de notre histoire s’affrontent deux visions de l’honneur et du service de l’Etat. Entre la Terre du Sud et le Vieux Pays, une guerre d’indépendance s’éternise. Pour la finir, le Vieux Pays rappelle au pouvoir son chef le plus prestigieux. Une fois investi, le souverain n’agit pas comme on l’attendait. Contre ce pouvoir, un jeune officier mène une conjuration jusqu’à l’attentat. Sain et sauf, le chef de l’État accordera-t-il sa grâce ? Pour raconter ce moment singulier où un héros s’est retrouvé juge et partie, Alice Ferney convoque tour à tour les pensées des deux protagonistes. Une documentation méticuleuse et une précieuse prise en compte des mécanismes psychologiques lui donnent l’audace de soulever la chape du silence. Avec la volonté ardente d’exhumer une injustice, et sans jamais juger, Alice Ferney essaie de comprendre ce qui, clans des temps troublés, a pu mener un homme à mourir et un autre à condamner. Elle touche en vérité le point focal d’un drame national qui irradie encore. Et fait entendre, avec une efficacité saisissante, la voix du romancier face à l’Histoire.

 

Divagation personnelle

Sous cette couverture, que je trouve magnifique, j’ai vécu malgré toute ma bonne volonté une première partie de lecture laborieuse. J’avançais dès le départ sans plaisir, tournant difficilement les pages, déçue. Déçue d’être déçue par une romancière que j’aime tant, je n’arrivais pas à abandonner. Car enfin c’est du Ferney, j’en reconnaissais le style imagé avec ces mots qui trouvent leur place d’une façon si particulière. Oui, j’en reconnaissais la magie. Mais je restais dans l’incapacité de passer au dessus d’un sujet auquel je ne porte aucun intérêt. La politique, l’armée, la guerre. Noyée dans ce vocabulaire lié à l’histoire de plusieurs pays (indigènes, colons, partisans, rebelles, peuples, attentats, etc.), je me suis fait violence, j’ai tenté de m’accrocher, aux personnages, au semblant d’histoire, à l’Histoire, à ce style que j’aime tant… et aux trois quarts du roman, ouf ! Je suis enfin entrée dans cette histoire, dans ces faits réels.

La psychologie des personnages est fine, poussée à l’extrême, comme à l’accoutumée. C’est l’une des caractéristiques qui fait que les romans d’Alice Ferney sont pour moi un délice. Mais dans ce roman, quelque chose m’a dérangé, qui fait que je n’ai pas su entrer pleinement dans l’histoire. Ca stagne. Ca n’avance pas. Les faits sont réels mais la forme du conte les ancre beaucoup trop dans la fiction ; l’intérêt s’y perd. Ce qui en ressort : c’est la guerre. Jusqu’aux deux tiers du roman, c’est la guerre, rien ne bouge mais les personnages, on les connaît dans leurs moindres détails. Les deux personnages principaux sont décrits avec minutie. Alice Ferney n’hésite pas à s’adresser directement à l’un d’eux et cela rend le tout encore plus réel, intime et proche. Cette narration à la deuxième personne du singulier marque la compréhension de l’auteur vis-à-vis de ce personnage particulier.

Fort heureusement, le dernier tiers change tout. Le rythme monte crescendo jusqu’à cette fin, terriblement poignante. C’est de la pure révolte que j’avais dans le coeur au moment de tourner ces dernières pages. Le sujet de la peine de mort réveille la colère sourde de l’injustice et le lecteur est presque pris à parti après avoir suivi la descente aux enfers du condamné. Des mots forts pour une fin qui soulève des réflexions profondes.

 

Quelques extraits

Il ne mentait jamais, mais il omettait facilement. Et les interlocuteurs faisaient le reste du travail : ils interprétaient à leur idée. La vérité et le désir se jouent bien des tours. [P. 93]

 

Car tu n’étais pas le seul à désirer la mort politique du chef. Certains voulaient même sa mort tout court (pas toi, si tu pouvais l’épargner). La haine battait comme un cœur blessé dans le pays disloqué. Les derniers sursauts des partisans de l’Empire, autant que les actions terroristes simulées par les services secrets pour discréditer cette cause et la rendre impopulaire, désunissaient le pays. [P. 123-124]

 

Il y a entre deux êtres une distance infranchissable que l’amour fait oublier mais qui demeure irréductible. Jamais on n’entre dans le je de l’autre. Et c’est souvent dans son jeu qu’on s’abîme. [P. 135]

 

Est-ce que l’on tue un homme dès lors qu’il existe une raison de ne pas le faire ? [P. 202]

 

 FERNEY, Alice. Passé sous silence. Arles : Actes Sud, impr. 2010. 203 p. ISBN 978-2-7427-9212-2

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